Kalaripayattu, art martial à la kéralaise

Le kalaripayattu se pratique sur un puri ou un luri   © D.R.
Le kalaripayattu se pratique sur un puri ou un luri © D.R.

Il faut en vouloir pour oser affronter un maître au kalari… Il peut lancer son urumi incandescent à tout moment…

Leçon de combat à l’indienne

À la base de tous les arts martiaux selon ses adeptes, le kalaripayattu, de kalari (leçon) et payattu (combat), trouve son origine au Kérala. C’est en fait une branche de l’ayurvéda. Cet art du combat se pratique à mains nues et avec toutes sortes d’armes : bâton, épée, lance, sabre, feu et un urumi, un objet tranchant, qui se déplie sur plusieurs mètres, sous les mouvements du combattant.

Un fighter peut tuer 100 personnes avec seulement un bâton. Les entraînements, quotidiens, se déroulent dans un luri, un espace en terre battue sous terre, ou en puri, en extérieur, sur le sable, sur une plage. Dès l’enfance, les jeunes travaillent à leur flexibilité. Ils apprendront à l’adolescence d’autres techniques, comme manier le feu.

Un rituel avant l’affrontement

Nous sommes accueillis dans une salle en briques, au fond d’une ruelle étroite. La lumière est tamisée et l’atmosphère étouffante. Ambiance fight club. Chaque entraînement est supervisé par un maître, appelé Swan.

La séance commence toujours par un rituel. Les combattants avancent le poing gauche, le pied droit, touchent l’autel trois fois, puis successivement leur front et leur poitrine. Dans un deuxième temps, ils font une prière en utilisant des mouvements du kalari. Ils effectuent ensuite des exercices pour s’échauffer les jambes, les bras et le corps tout entier, basés sur la contorsion.

Jouer avec le feu et l’urumi

Ce soir-là, les combattants commencent avec un petit ou un grand bâton de bois qu’ils doivent se subtiliser. Ils poursuivent avec des lances, puis des épées et des boucliers. Pour terminer par des boules de feu et une démonstration d’urumi que les plus grands manient avec une incroyable dextérité à travers toute la pièce, jusqu’à en tirer des étincelles.

Sauts, revers, coups, les mouvements sont comme dansés, avec une extrême précision et une grande coordination avec le partenaire. Les combats à proprement parler sont très codifiés. Pas de place pour l’improvisation, ce serait trop risqué.

L’entraînement s’achève par une prière et il est de bon augure de déposer une offrande à l’autel.

2 Comments

  • Fabienne dit :

    Merci pour toutes ces infos, voici une bonne lecture. J’ai appris différentes choses en vous lisant, merci à vous. Bonne journée à tout le monde ! Fabienne Huillet neonmag.fr

    • julie dit :

      Bonjour Fabienne,
      Ravie d’avoir pu vous renseigner sur les différentes formes d’art au Kérala. Je suis une grande lectrice de Neon Mag, bonne continuation à vous :-)
      Julie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>