Mimes et mutras au kathakali

Les personnages du kathakali jouent avec les mimes   © Julie's journeys
Les personnages du kathakali jouent avec les mimes © Julie's journeys

En vert, c’est le gentil… Et ses mimiques sont plus drôles que celles de Louis de Funès.

Des graines de fleurs dans les yeux

Le kathakali est un art de la scène kéralais, à la base de tous les autres arts, comme le theyyam. Les spectacles de kathakali relatent des épisodes du Ramayana ou du Mahabharata, des épopées pouvant durer de 6 à 9 h, aussi seuls des extraits sont donnés dans les théâtres pour les touristes.

Les comédiens se maquillent eux-mêmes ou se font maquiller. Les couleurs, jaune, rouge, noire, sont issues du frottement de pierres avec de l’huile de cocotier. Avant la performance, les artistes introduisent dans leurs yeux des graines de fleurs pour leur donner la couleur rouge. Une pâte de riz permet de coller les éléments qui complètent le maquillage.

Du sentiment à la phrase, ils s’expriment !

Les expressions des personnages passent avant tout par leurs mimiques. L’une des plus impressionnantes est le roulement des yeux au rythme de la musique. Les artistes froncent aussi les sourcils et jouent avec leurs cernes, leur bouche et leurs joues. Ces « Louis de Funès à l’indienne » n’ont rien à lui envier. On recense neuf catégories de mimiques : amour, sarcasme, tristesse, colère, héroïsme, peur, répulsion, envie et paix, réalisées avec toutes les parties du visage.

En plus des mouvements du visage, les comédiens parlent avec leur corps et avec les mutras (mouvements des mains et des doigts). Ils peuvent exprimer toutes sortes de choses, depuis des mots comme lotus ou cobra jusqu’à des expressions plus construites (comment vas-tu ?). Leur signification est très intuitive. Cette langue des signes comporte de nombreuses nuances : exiger qu’une personne quitte la pièce est beaucoup plus agressif que prier poliment quelqu’un de se retirer.

La cruauté en rouge, les femmes en jaune

La représentation commence par une prière. Sur scène, en plus des comédiens, il y a plusieurs musiciens (tambours, tambour agité avec de faux doigts en métal, cymbales) et un chanteur-narrateur. Le maquillage des artistes renseigne sur leurs caractères : cruauté pour le rouge, gentillesse pour le vert, jaune pour les femmes et noir pour les démons, parfois armés d’un bâton.

Un festival se déroule de décembre à mars dans tout le Kerala.

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