La voie du Cachemire, une alternative à Manali

À proximité du glacier de Sonamarg, dans le Cachemire   © Julie's journeys
À proximité du glacier de Sonamarg, dans le Cachemire © Julie's journeys

La portion Manali-Leh est encore fermée et vous ne souhaitez pas prendre l’avion ? C’est l’occasion rêvée d’aller au Cachemire et de prendre la route du Nord à partir de Srinagar, encore plus intéressante. En voici les étapes.

La route Srinagar-Leh, très peu empruntée dans sa totalité, ne doit pas être uniquement une alternative lorsque la voie Manali-Leh est fermée. C’est surtout un bonheur pour les yeux que de traverser les paysages lunaires du Cachemire au Ladakh. Idéalement, ne faites jamais le trajet jusqu’au Ladakh en avion, mais louez une jeep partagée (12 000 Rs au total, pour deux jours) à l’aller et au retour pour en profiter pleinement.

Etape 1 : Le glacier de Sonamarg

Des enfants nomades récupèrent l'eau du glacier   © Julie's journeys

Des enfants nomades récupèrent l’eau du glacier © Julie’s journeys

Pendant toute la première journée de route, vous resterez probablement le nez scotché à la vitre. Les paysages changent sous vos yeux avant même que vous n’ayez le temps de les prendre en photo.

La première partie du trajet, entre Srinagar et le glacier de Sonamarg, est des plus imprévisibles. Les collines herbeuses laissent rapidement la place à des montagnes recouvertes de conifères, puis de conifères et de neige, puis d’herbe et de neige, puis de pierres et de neige. La fonte des glaces a creusé des sillons dans la montagne. Des nomades avec leurs moutons récupèrent l’eau de la fonte des glaciers. Leurs conditions de vie sont des plus rudes. Ils marchent toute la journée avant d’établir leur camp plus loin. La route, d’abord impeccablement goudronnée, devient piste et les voitures et camions ont toutes les peines du monde à se croiser. Lors d’un arrêt, pour éviter une chute de pierres, le 4×4 recule brusquement et grimpe sur mon pied. Vive les chaussures de trek !

Sonamarg et son glacier Thajiwas constituent une excursion prisée des Indiens qui n’ont jamais vu la neige. Des agences proposent des luges pour descendre la pente. Nous leur expliquons que le Canada et la France sont très bien pourvus en la matière. La partie de la route entre Sonamarg et Drass, avec le col de Zoji La (3529 m), est totalement déserte. C’est rare en Inde ! On surprend les regards désespérés des nomades à notre passage. Comment peuvent-ils améliorer leur quotidien dans cet environnement hostile sinon en quémandant un peu de nourriture ? Les montagnes sont à présent faites d’énormes rochers au sommet et de sable gris à la base.

Etape 2 : De Drass à Kargil

Drass serait le 2e endroit le plus froid au monde... Cela reste à prouver   © Julie's journeys

Drass serait le deuxième endroit le plus froid au monde… Cela reste à prouver © Julie’s journeys

Drass détient le record du 2e endroit le plus froid au monde, avec une température historique de moins 60 degrés. Nous y déjeunons pourtant en tee-shirt ! C’est un peu la pause déjeuner de tout le monde, militaires, touristes, Indiens. Après Drass, les montagnes commencent à se peler et la roche prend de curieuses couleurs (vert, violet, marron…). La route longe la rivière et le parcours est de plus en plus sinueux. A chaque virage, une nouvelle montagne majestueuse et tarabiscotée point à l’horizon.

Nous passons finalement Kargil en milieu d’après-midi. C’est la seule ville importante du parcours et beaucoup de voyageurs y passent la nuit. C’est à cet endroit que la route se scinde en deux pour rejoindre Khalsi. La partie nord est interdite aux étrangers et nous prenons la direction du sud. Nous entrons dans le Zanskar, la plus belle chaîne montagneuse du Ladakh. Après Kargil, nous croisons coup sur coup deux petits villages, Shargol et son gompa haut perché puis Mulbekh, inratable avec son piton rocheux.

Etape 3 : Dans le Zanskar

Entre Drass et Kargil, les montagnes se pèlent   © Julie's journeys

Entre Drass et Kargil, les montagnes se pèlent © Julie’s journeys

C’est entre Mulbekh et Lamayuru que les paysages sont les plus lunaires. Les montagnes sont essentiellement sableuses et des traces de neige habillent ce tapis de marrons, de jaunes et d’ocres. Des îlots de verts expliquent çà et là la présence de quelques maisons. C’est aussi sur cette portion que nous atteignons les altitudes les plus élevées. Nous nous amusons à transformer les pieds en mètres. Pourtant, elles ne paraissent même plus si hautes. La route elle-même est élevée et le dénivelé n’est plus aussi important.

La vérité, c’est que ce sentiment d’être au-dessus de tout, loin de tout, est extrêmement jouissif. Il l’est d’autant plus en Inde, alors que nous avons été poursuivis par la foule pendant maintenant près de cinq mois. Je suis enfin vraiment subjuguée par quelque chose ici. Le Zanskar, le Ladakh sont bien au-delà de mes espérances. Il ne s’agit plus de quelques montagnes, par ci par là, et encore pas bien hautes. C’est un véritable toit de montagnes tortueuses, enchevêtrées, vivantes, que nous sommes en train de traverser.

Etape 4 : Lamayuru, joyau du Ladakh

Lamayuru, le départ des treks du Zanskar   © Julie's journeys

Lamayuru, le départ des treks du Zanskar © Julie’s journeys

Nous arrivons vers 21 heures à Lamayuru qui possède, contre toute attente, plusieurs hébergements. Ils n’accueillent pas tant des voyageurs en transit comme nous mais des excursions sur deux jours au départ de Leh. C’est aussi le point de départ des plus beaux treks du Zanskar et du Ladakh.

Lamayuru est le village que l’on voit sur toutes les photos des moteurs de recherche quand on tape Ladakh. C’est un petit village niché au pied d’une falaise surmonté du Yungdrung gompa. Les maisons blanches, délabrées pour certaines, sont typiques de l’architecture ladakhie. Elles se blottissent les unes contre les autres, nichées sur les flancs de la montagne.  Passez la matinée à vous promener dans les ruelles. Méditez avec les moines du gompa. Il règne une atmosphère particulière qu’on ne voudrait jamais quitter. Admirez l’autre côté de la vallée depuis les sommets du village. Avant de reprendre la route…

Etape 5 : Dernière ligne droite avant Leh

Il reste une demi-journée de route entre Lamayuru et Leh   © Julie's journeys

Il reste une demi-journée de route entre Lamayuru et Leh © Julie’s journeys

La portion entre Lamayuru et Leh n’est finalement pas la plus intéressante. La topographie des montagnes est relativement similaire, si ce n’est que les couleurs se démarquent un peu plus. Des militaires Sikhs nous offrent une boisson à base de rose que nous ne savons refuser. Nous arrivons seulement quatre heures plus tard à Leh.

N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires !

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